Quelles actions dans quels cas ?

L'article 9 de la Convention d'Aarhus comprend les dispositions relatives à l'accès à la justice. En application de cet article, toute personne doit pouvoir saisir un tribunal en cas de violation des dispositions de la Convention relatives à l'accès à l'information, à la participation du public ou des dispositions du droit interne de l'environnement.

Droit commun en matière d'accès à la justice

L'article 9, paragraphe 3 de la convention d'Aarhus précise les procédures juridictionnelles  dont doit disposer le public pour contester les actes ou omissions de particuliers ou d'autorités publiques allant à l'encontre du droit national de l'environnement.

En droit interne, les recours de droit commun devant les juridictions administratives ou judiciaires permettent de répondre aux obligations précitées. Un intérêt à agir est nécessaire pour pouvoir exercer un recours en justice. L'intérêt à agir du requérant est libéralement interprété par le juge administratif. L'intérêt évoqué est jugé suffisant dès lors qu'il n'est pas lésé de façon exagérément incertaine ou exagérément indirecte.

Le Code de l'environnement accorde aux "associations agréées de protection de l'environnement" en application de l'article L. 141-1 du code de l'environnement un plus large accès à la justice :

Même si depuis 2003, l'introduction d'une requête devant les juges administratifs est gratuite, il est fréquent que les requérants soient amenés à exposer des frais, par exemple pour payer un avocat ou une expertise. Les requérants dont les ressources financières sont inférieures à certains plafonds peuvent bénéficier de l'aide juridictionnelle, en application de la loi modifiée n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Des procédures de référé permettent d'obtenir très rapidement une décision de justice. Ainsi l'exécution d'une décision administrative peut être suspendue dès lors que l'urgence le justifie et qu'un moyen (argument de droit) est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de cette décision (article L. 521-1 du code de justice administrative).

En matière d'environnement, il existe deux procédures de référés spécifiques devant les juridictions administratives.

La première, prévue par les articles L. 122-2 du code de l'environnement et L. 554-11 du code de justice administrative, permet d'obtenir la suspension  d'une  autorisation ou d'une décision d'approbation relative à la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages, qui par l'importance de leur dimension ou leur incidence sur le milieu naturel, peuvent porter atteinte à ce dernier, dès lors que le projet est soumis à étude d'impact et que cette étude n'a pas été réalisée.

La seconde, prévue par les articles L. 123-12 du code de l'environnement et  L. 554-12 du code de justice administrative, permet d'obtenir la suspension d'une décision autorisant la réalisation d'aménagements, d'ouvrages ou de travaux soumise à une enquête publique préalable, si les moyens invoqués présentent un doute sérieux quand à la légalité de la décision :

Dans ces deux cas, l'urgence est présumée.

Les recours en matière d'accès à l'information

L'article 9, paragraphe 1 de la convention d'Aarhus concerne l'accès à la justice lorsqu'une  demande d'information sur l'environnement au titre de l'article 4 a été ignorée, rejetée abusivement ou insuffisamment prise en compte ou mal traitée.

En France, la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 a institué une commission d'accès aux documents administratifs (CADA) chargée de veiller au respect de la liberté d'accès aux documents administratifs. La CADA est également compétente pour connaître des questions concernant l'accès à l'information relative à l'environnement. La CADA est une autorité administrative indépendante. Elle doit être obligatoirement saisie avant tout recours devant le juge administratif. La procédure applicable est celle prévue aux articles 17, 18 et 19 du décret n° 2005-1755 du 30 décembre 2005 relatif à la liberté d'accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques.

Le demandeur qui s'est heurté à un refus de communication et qui entend le contester doit saisir la C.A.D.A. dans les deux mois à compter de la notification du refus. Celle-ci notifie son avis à l'intéressé et à l'autorité mise en cause. Dans le délai d'un mois qui suit la réception de cet avis, cette autorité informe la C.A.D.A. de la suite qu'elle entend donner à la demande.

Si l'autorité compétente confirme son refus initial ou ne répond pas dans le délai de deux mois à compter de la saisine de la CADA, l'intéressé peut saisir le tribunal administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à son annulation.

Les recours en matière de participation au processus de décision

L'article 9, paragraphe 2 de la convention d'Aarhus précise les procédures de recours en rapport avec la participation du public au titre de l'article 6.

En ce domaine, il convient de rappeler les procédures de référé mentionnées au point 1 et surtout les dispositions de l'article L. 123-12 du code de l'environnement et de l'article L. 554-12 du code de justice administrative qui permettent d'obtenir plus facilement la suspension d'une décision administrative lorsque l'enquête publique, c'est à dire la participation du public, qui doit la précéder n'a pas eu lieu.